Bon usage des médicaments pendant la grossesse : on vous dit tout !

La grossesse est une période à la fois belle et sensible. Pendant neuf mois, la future maman doit veiller à son alimentation, son sommeil et à sa santé. Si les médicaments sont généralement à éviter chez la femme enceinte, peu de femmes se disent suffisamment informées sur le sujet. En effet, selon une enquête de l’Institut ViaVoice réalisée en 2019-2020 pour l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), seules 3 femmes sur 10 se déclarent suffisamment informées sur les risques liés aux médicaments pendant la grossesse. De fait, si des exceptions peuvent exister en cas de maladie chronique ou de prescription de médicaments spécifiques dans le cadre de la grossesse, dans tous les cas, la femme enceinte ne devra pas arrêter, modifier ou commencer un traitement sans l’avis d’un professionnel de santé. On fait le point.

 Les 4 bons réflexes pour une grossesse en toute sécurité

  • Préparer sa grossesse avec son médecin ou sa sage-femme

Avoir un projet de grossesse avec son conjoint ou sa conjointe nécessite une bonne préparation avec son médecin ou sa sage-femme, en particulier en cas de pathologie chronique et de la prise de traitement au long court. Dès la découverte de la grossesse, il est donc utile de faire le point sur l’état de santé de la  femme enceinte et ses traitements avec les professionnels de santé. Ceux-ci pourront alors décider, si nécessaire, de les adapter avec des solutions compatibles avec la grossesse.

Lors de ce premier échange, il conviendra aussi de discuter avec le médecin traitant de la prise éventuelle de médicaments sans ordonnance par la femme enceinte et/ou son partenaire, afin de débuter la grossesse le mieux possible.

  •  Pas d’automédication

 Certains médicaments, même parmi les plus courants, peuvent comporter des risques pour l’enfant à naître. Tel est le cas des médicaments de la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou l’aspirine qui ne doivent jamais être pris après le 5e mois de grossesse.

La femme enceinte doit donc impérativement demander conseil à un professionnel de santé avant de prendre un médicament nouveau ou figurant sur une ancienne ordonnance. Il en va de même pour les médicaments formulés à base de plantes et les huiles essentielles.

  • Ne jamais arrêter seule un traitement prescrit

 Lorsque la femme découvre sa grossesse, elle ne doit jamais décider d’arrêter d’elle-même son traitement ou de modifier les doses prescrites. Cela pourrait entrainer la perte des bénéfices de son traitement ou la réapparition de ses symptômes, pouvant, de fait, mettre en danger sa santé comme celle de son bébé. La femme enceinte devra donc impérativement demander conseil à son médecin, son pharmacien ou sa sage-femme avant toute modification de traitement.

  • Informer de sa grossesse les professionnels de santé consultés

 Une femme enceinte devrait toujours informer de sa grossesse les professionnels de santé qu’elle consulte (médecin, pharmacien, kinésithérapeute, radiologue, dentiste…). Ils en tiendront ainsi compte dans sa prise en charge.

ANSM et femmes enceintes : une grande campagne de sensibilisation

En 2021, l’ANSM a lancé une large campagne d’information sur le bon usage des médicaments au cours de la grossesse. Cette campagne intitulée « Enceinte, les médicaments, c’est pas n’importe comment ! » a un double objectif :

  • Sensibiliser le grand public et les professionnels de santé sur cet enjeu de santé publique.
  • Inciter les femmes au dialogue avec les professionnels de santé.

Une aide à l’information pour les professionnels de santé

Pour aider les professionnels de santé et plus particulièrement les pharmaciens à communiquer sur ce sujet et accompagner leurs patientes enceintes, l’ANSM, le Cespharm et l’Ordre des pharmaciens ont mis à leur disposition de nombreux documents tels que :

    • Un rappel sur les effets potentiels des médicaments selon le stade de la grossesse,
    • Un logigramme rassemblant les points à aborder et les messages clés à relayer lors de la délivrance de médicaments aux femmes enceintes ou en âge de procréer,
    • Des ressources de référence.

Par ailleurs, l’ANSM a créé un site dédié pour que les femmes enceintes et les professionnels de santé puissent obtenir davantage d’informations : medicamentsetgrossesse.fr. Il permet, entre autres, de télécharger et d’imprimer :

  • Les outils de réduction du risque tératogène (risques de malformation de l’embryon) relatifs à ces médicaments (formulaire d’accord de soin, guide destiné aux professionnels de santé, brochure d’information à remettre aux patientes en âge de procréer, …).

 Pour renforcer l’information auprès des femmes et des professionnels de santé, un pictogramme « Femmes enceintes » est désormais apposé systématiquement sur les boîtes de médicaments concernés. Cela permet une plus grande sécurité quant à leur utilisation pendant la grossesse ou, avant, en cas de désir de grossesse. Cette information figure également sur les notices des médicaments qui peuvent présenter un risque pour l’enfant à naître, en cas de prise pendant la grossesse.

En conclusion, l’alcool et le tabac ne sont donc pas les seuls à pouvoir nuire à la santé du bébé pendant la grossesse.  Avant de prendre tel ou tel médicament pendant sa grossesse, il est important de prendre le temps de bien se renseigner sur ses contre-indications et de consulter son médecin ou de demander conseil à son pharmacien. Puis, penser à faire le tri de son armoire à pharmacie régulièrement permet aussi d’éviter un mauvais usage des médicaments et les risques d’accidents médicamenteux. 

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