Points de vue

L’évidence de l’engagement

Druon Note, Trésorier de Cyclamed

Administrateur depuis plus de 20 ans du SNIP (Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique) puis du LEEM (Les Entreprises du Médicament) , j’ai participé durant les années 90 à la réflexion puis à la décision de créer un organisme de collecte des Médicaments Non Utilisés (MNU).

À l’époque, bien que les quantités recyclées à usage humanitaire aient été modestes, cette mission a été très appréciée. Nous étions en pleine explosion du SIDA (et la trithérapie à ses balbutiements), nous constations en Afrique principalement des absences de médicaments et de soins élémentaires et de nombreux organismes caritatifs, des amis médecins, des confrères pharmaciens, des clubs services (Rotary,…)  frappaient  à notre porte pour nous demander des médicaments en grand nombre.

Au-delà de cet aspect humanitaire nous connaissions en tant que professionnels, les risques encourus à garder dans une pharmacie personnelle des boîtes de médicaments correspondant à des traitements inachevés (parfois par mauvaise observance) ou inutilisés en raison d’un changement de prescriptions ou malheureusement de décès du malade.

Il fallait donc réagir et les industriels du médicament, en avance sur toutes les autres professions et industries faut-il le rappeler, ont décidé de mettre en place CYCLAMED, filière dédiée à la valorisation des MNU. Ils ont fait appel à toute la chaîne de distribution,  pharmaciens d’officine et grossistes répartiteurs à travers l’Ordre et les syndicats qui ont répondu présents pour effectuer la collecte auprès des patients.

Au fil des ans, l’aspect humanitaire a peu à peu diminué. Cet aspect de la collecte sera définitivement clos à la fin de l’année 2008 et nous nous tournons donc  dès aujourd’hui résolument vers l’aspect protection de l’environnement et économies d’énergie.

Oui, on peut mieux faire : C’est ce nouveau Cyclamed, aidé par les nouvelles lois et règlementations, qui va s’efforcer de sensibiliser et d’inciter tous les habitants de notre pays à mieux rapporter ces MNU ; et nous, professionnels, à mieux les récupérer pour les incinérer. Le financement viendra toujours des entreprises du médicament, le travail de collecte sera effectué par toute la chaîne de la distribution et il nous faudra communiquer sur cet engagement citoyen.

Voilà pourquoi j’ai répondu présent quand le LEEM m’a sollicité pour rejoindre le bureau de Cyclamed. Anecdotiquement j’ai toujours été sensible aux déchets, au tri. J’ai la chance de vivre en semi-campagne et de tout temps je me suis habitué à rejeter le moins possible, une poubelle générale et une poubelle jaune par semaine au maximum ; tout le reste est trié, rapporté (verre, papier, ..) ou composté. Cinq poubelles a toujours été mon quotidien !
C’est peut-être à  la faculté de pharmacie que j’avais appris cela de mes maîtres : rien ne se crée, rien ne se perd,  tout se transforme.

 

Encourager la démarche éco-responsable de nos concitoyens est notre priorité

Jacques Aumonier, Secrétaire Général de Cyclamed

La redistribution des MNU par les partenaires humanitaires de Cyclamed s’est arrêtée le 31/12/08. Qu’il me soit permis à cette occasion de rendre hommage à leur action exemplaire qui a permis d’apporter aux populations défavorisées des médicaments dont elles sont souvent privées.

Cette inflexion dans la mission de Cyclamed met dorénavant en lumière la facette écologique de notre dispositif, qui n’est pas nouvelle mais qui était longtemps restée au second plan. Notre action s’inscrit clairement dans l’application du principe de précaution : en l’absence de certitude sur l’innocuité des médicaments trouvés à faible dose dans l’eau, évitons que les MNU ne finissent dans ce milieu soit par rejet dans les toilettes, soit par mise en décharge. Pour cela, faisons en sorte que les MNU soient rapportés aux pharmaciens pour être pris en charge dans un circuit sécurisé jusqu’à leur élimination par incinération.

C’est LA démarche éco-responsable pour deux raisons :

  • L’incinération est le mode de traitement adapté, car il permet de détruire les substances médicamenteuses tout en récupérant l’énergie des emballages associés.
  • La collecte dans un circuit sécurisé est le seul moyen d’assurer que les MNU sont incinérés dans les unités sélectionnées par Cyclamed.

Faire comprendre et partager ces enjeux écologiques par nos concitoyens, tel est le nouvel horizon qui s’offre à nous, dans un contexte favorable puisque la protection de l’environnement est dans tous les esprits.

 

Cyclamed au service du développement durable

Christain Lajoux, Président du LEEM

Les Entreprises du Médicament ont depuis longtemps intégré dans leur stratégie les enjeux environnementaux. Les événements survenus dans les années 1970-1980 (Seveso, Bhopal, la pollution du Rhin…) ont mobilisé les industries chimique et pharmaceutique qui, dans leurs sites de production et de stockage – voire dans leurs sièges sociaux – ont renforcé tous les systèmes de sécurité et de protection de l’environnement initialement développés pour prendre en compte les risques des produits qu’elles utilisent et des médicaments qu’elles fabriquent.

Dès 1992 en France, les Médicaments Non Utilisés ont fait l’objet d’une approche spécifique avec la création de Cyclamed ; filière spécifique mise en place pour se conformer aux obligations de récupération et d’élimination des emballages ménagers, son objet principal et premier a toujours été la prise en charge des MNU pour les recycler proprement en produisant de l’énergie. Nous avons été des précurseurs en Europe.

Cyclamed fait aujourd’hui partie intégrante de la démarche de Responsabilité Sociale de nos Entreprises et de la politique de développement durable que nous voulons continuer de développer. Depuis 18 mois et l’arrivée de Thierry Moreau Defarges à la présidence de Cyclamed, de nombreuses actions ont été menées et une clarification des missions a été opérée :

  • Décision d‘arrêt de la redistribution humanitaire au 31/12/2008 par les pouvoirs publics.
  • Mise en place d’une nouvelle gouvernance impliquant tous les acteurs.
  • Reprise de la communication et de la démarche de sensibilisation auprès du grand public.
  • Retour sensible des médicaments vers les officines.

Tous ces éléments mettent en évidence les choix clairvoyants qui ont été faits par l’équipe Cyclamed. 2009 doit être dans la continuité et je compte sur l’efficacité de tous pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion qui permettront à Cyclamed de renforcer sa présence et sa notoriété au service du développement durable.

 

Cyclamed constitue une valeur ajoutée pour le pharmacien

Philippe Gaertner, Président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France

Je suis fier de constater que les pharmaciens d’officine n’ont jamais failli dans leur engagement aux côtés de Cyclamed. En effet, le caractère obligatoire de la récupération des médicaments – qui date du 27 février 2007 – n’a que très peu modifié la mobilisation des pharmaciens, qui se situait déjà à hauteur de 98 %.

Il ne s’agit pas ici de se reposer sur nos lauriers car cette implication, que l’on peut constater en observant l’augmentation des tonnages de médicaments récupérés, doit continuer. Il est en effet absolument fondamental pour nous, pharmaciens, que le médicament reste dans le circuit officinal.

La fin de la redistribution humanitaire des MNU aurait pu « mettre à terre » l’association. Cyclamed s’est pourtant largement relevée de ce sinistre épisode et s’est recentrée sur la protection de l’environnement.

Désormais les choses sont on ne peut plus claires : médicaments périmés ou non, boîtes entamées ou non, tout ce qui revient à l’officine est de facto incinéré et valorisé à des fins énergétiques.

Le rôle du pharmacien et son implication représentent véritablement une valeur ajoutée vis-à-vis du grand public. Les patients ont bien identifié le circuit des médicaments, et perçu l’importance de cette récupération, même si toute la dimension humanitaire – qui était pourtant un moteur essentiel de la démarche – n’est plus à l’ordre du jour. On n’en observe pas moins un engagement des Français que je qualifierais d’éco-citoyen. En outre, le « réflexe Cyclamed » représente un acte de santé publique, notamment dans le cadre de la prévention des accidents domestiques.

Notre implication aux côtés de Cyclamed reste indispensable. Je ne perdrai jamais de vue notre intérêt commun fondamental : permettre la présence et l’expertise d’un pharmacien sur la totalité de la chaîne du médicament.

Dernière mise à jour octobre 2011

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