Pollution de l’eau et des sols

Les Médicaments Non Utilisés (MNU) représentent un gisement de 19 000 tonnes/an dans les foyers français, soit autour de 323 g par foyer et par an.

S’ils représentent une petite partie des déchets ménagers (moins de 1 pour 1000)* , ils ne peuvent pas être enfouis comme le sont encore 1/3 des déchets ménagers* et ne doivent donc pas être jetés dans la poubelle ménagère, ou encore moins l’évier ou les toilettes, sous peine de polluer les sols, les rivières ou les nappes phréatiques.

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Quel danger des médicaments pour l’environnement ?

Les produits pharmaceutiques, conçus pour être biologiquement actifs, peuvent induire des effets secondaires non souhaités dans l’environnement et ce, à de très faibles concentrations.

La féminisation des poissons par l’ethinylestradiol contenu dans les pilules contraceptives est aujourd’hui avérée.

En Europe, environ 4000 références pharmaceutiques utilisées pour des usages humains et vétérinaires sont susceptibles d’atteindre le compartiment environnemental (chiffres 2014).

Seulement près de 200 molécules ont été recherchées et étudiées. Elles appartiennent à 24 classes thérapeutiques parmi lesquelles 4 sont dominantes, 40% des études concernent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, diclofénac), les trois autres classes majeures correspondent aux anticonvulsants (carbamazépine), antibiotiques (sulfamethoxazole, erythromycine,…) et régulateurs lipidiques (propranolol, gemfibrozil).
De même, l’utilisation importante d’antibiotiques, pourrait être à l’origine d’un phénomène de résistance bactérienne observé.

Dans quel type d’environnement ?

Les études actuelles font état de la présence de résidus de médicaments dans les eaux usées urbaines (avant et après assainissement), les eaux de surface et les eaux souterraines. Les concentrations mesurées dans l’environnement aquatique varient du ng/L à quelques μg/L.

Peu d’études sont actuellement disponibles concernant le risque d’effets néfastes à long terme. En l’état actuel, les concentrations mesurées dans les eaux n’ont pas d’effets immédiats (toxicité aigüe) sur les hommes, animaux ou les plantes.

Comment les médicaments se dispersent-ils dans la nature ?

Les produits pharmaceutiques peuvent atteindre l’environnement à la suite de :

  • Leur ingestion par les humains et les animaux : ils sont alors excrétés (urines, selles, sueur, vomis …) après métabolisation totale ou partielle ;
  • Du dépôt de Médicaments Non Utilisés (MNU) ou périmés dans les toilettes ou la poubelle ;
  • Certaines pratiques agricoles : élevage (aquaculture), amendement ;
  • Une perte durant le procédé de fabrication ou un défaut d’efficacité des traitements d’eau conventionnels ;

Comment agir ?

Quelles que soient les données scientifiques actuelles et à venir, il reste primordial d’agir à la source pour réduire la présence des produits pharmaceutiques dans notre environnement.
Parmi les nombreuses voies possibles, les plus pragmatiques seraient de :

    • Promouvoir les schémas actuels de retour des médicaments non utilisés/périmés ou tout autre système d’élimination respectueux de l’environnement : des actions dans ce sens (retour des MNU en pharmacie) sont aujourd’hui effectives dans 20 pays européens (Cyclamed en France);
    • Sensibiliser les prescripteurs, délivreurs et consommateurs de produits pharmaceutiques sur les considérations environnementales : formation, information…

Enfin, de manière plus collective, des partenariats entre les différentes parties prenantes, traiteurs d’eau, prescripteurs de médicaments (médecins, pharmaciens) et consommateurs sont nécessaires, au même titre qu’un engagement des décideurs politiques à l’échelle locale.

Benoît Roig et Evelyne Touraud, Coordinateurs KNAPPE, École des Mines d’Alès
 
 
Dernière mise à jour novembre 2015

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